
Le vernis à ongles est un produit cosmétique ancien, devenu un objet de mode et un marqueur d'expression personnelle. Sa formulation a beaucoup changé, en grande partie sous l'effet des préoccupations sanitaires.
Histoire
Ses origines remontent à l'Antiquité, où il marquait le statut social. En Chine ancienne, les préparations associaient cire d'abeille, blanc d'œuf, gélatine et colorants végétaux, et certaines teintes étaient réservées aux classes dirigeantes.
Le vernis moderne apparaît au début du vingtième siècle, avec l'application au cosmétique des laques à base de nitrocellulose issues de l'industrie automobile. La palette et les finitions n'ont cessé de s'élargir depuis.
Composition
Un vernis classique associe une base de nitrocellulose dissoute dans des solvants, des résines qui assurent l'adhérence et la brillance, des plastifiants qui évitent le craquellement, des pigments, et des agents de suspension qui empêchent les pigments de se déposer au fond du flacon.
Certaines substances autrefois courantes ont été écartées ou strictement encadrées : le toluène comme solvant, le formaldéhyde et ses libérateurs, le phtalate de dibutyle comme plastifiant. Les mentions « 3-free », « 5-free » ou « 10-free » désignent l'absence d'un nombre variable de ces composés, ce sont des allégations commerciales, non des labels normalisés, et leur liste varie d'une marque à l'autre.
La réglementation européenne sur les produits cosmétiques encadre les substances autorisées et impose l'étiquetage complet des ingrédients.
Bien poser
La préparation compte autant que le produit. Ongles dégraissés, un passage de dissolvant ou d'alcool suffit, , secs, limés dans un seul sens plutôt qu'en va-et-vient, qui dédouble la tranche.
La base protège l'ongle des pigments, qui jaunissent la kératine, et améliore l'adhérence. Deux couches fines de couleur valent mieux qu'une couche épaisse, qui sèche mal en profondeur et marque. Le top coat scelle la couleur et prolonge la tenue.
Le geste qui change tout : passer le pinceau sur la tranche libre de l'ongle, ce qui empêche l'écaillage par le bord, le point de départ de presque tous les éclats.
Un vernis qui a épaissi se dilue avec un diluant dédié, jamais avec du dissolvant, qui détruit la formule.
Le semi-permanent
Le vernis semi-permanent est une résine photopolymérisable, durcie sous lampe ultraviolette ou LED. Sa tenue atteint 2 à 3 semaines sans écaillage, ce qui explique son succès.
Trois précautions s'imposent. La dépose se fait par imprégnation à l'acétone et non par grattage ni arrachage, qui emporte les couches superficielles de l'ongle et l'amincit durablement.
Le limage préalable doit rester minimal : c'est le ponçage excessif, et non le produit, qui fragilise l'ongle.
Et il est recommandé de laisser des périodes de pause entre deux poses, pour permettre à l'ongle de se réhydrater.
Un point sanitaire mérite d'être connu : certains monomères entrant dans ces résines, notamment le HEMA, sont des sensibilisants reconnus. Des allergies de contact (rougeurs, décollement de l'ongle, eczéma des paupières ou du visage) sont régulièrement décrites, en particulier avec les kits vendus au public et mal appliqués. Une fois installée, cette allergie est définitive et peut poser problème lors de soins dentaires ou orthopédiques utilisant des résines apparentées.
Éviter tout contact du produit non polymérisé avec la peau autour de l'ongle est la meilleure prévention.
La santé de l'ongle
Un ongle est constitué de kératine ; il n'est ni vivant ni « respirant », et les vernis dits respirants relèvent surtout de l'argument commercial.
Ce qui l'abîme réellement : l'arrachage des poses, le limage agressif, les dissolvants à l'acétone employés trop fréquemment, le repoussage brutal des cuticules et l'usage des ongles comme outils.
Ce qui l'aide : une hydratation régulière des cuticules à l'huile, des pauses entre les poses, une coupe droite, et de la patience, un ongle de main se renouvelle entièrement en 4 à 6 mois.
Enfin, deux signes doivent conduire à consulter plutôt qu'à couvrir de vernis : une bande pigmentée sombre apparaissant sur un seul ongle, et une déformation ou un décollement persistant. Le premier peut relever d'une lésion qu'il faut faire examiner, le second d'une atteinte fongique ou inflammatoire qui se traite.
Retirer
Les dissolvants sans acétone sont plus doux et moins efficaces sur les finitions à paillettes. L'acétone est plus rapide et plus desséchante : l'appliquer sur un coton pressé quelques secondes plutôt que frotter, puis hydrater immédiatement.
La méthode qui consiste à recouvrir de vernis frais pour dissoudre l'ancien fonctionne, mais elle épaissit la couche et se retire moins bien.